Le concert inachevé

Le concert inachevé

Sa peinture se fait de plus en plus légère, étalant l’huile au coton ou à la gaze. Alléger, fluidifier, enlever encore, trouver un nouveau souffle jusqu’à la transparence, jusqu’à l’impalpable.

Le samedi 5 mars, Nicolas de Staël assiste à un concert de musique contemporaine au cours duquel sont jouées des œuvres d’Anton Webern, dont la cantate L’Eclat d’un regard – « Ô mer du regard et ton ressac de larmes ! » Le dimanche 6, toujours dans la grande salle du Théâtre Marigny, c’est Arnold Schönberg qui est à l’honneur avec la Sérénade pour sept instruments et une voix masculine grave.

Bouleversé par ces interprétations, il rend visite à son ami Jean-François Jaeger, qui dirige la galerie Jeanne Bucher. Il lui confie : « Je suis perdu. »

Nicolas de Staël - 1914-1955

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Âme slave en ébullition constante, oscillant entre enthousiasme et dépression, côtoyant sans cesse l’abîme, il disait :

O

” Toute ma vie, j’ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m’aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations, toutes les inquiétudes auxquelles je n’ai trouvé d’autre issue que la peinture. “

 

” Je vais aller sans espoir jusqu’au bout de mes déchirements, jusqu’à leur tendresse. “
Nicolas de Staël

 

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