Camille Claudel – L’Age mûr

L’Âge mûr dit aussi La Destinée ou Le Chemin de la vie ou encore La Fatalité (1894-1900) est une des sculptures majeures de Camille Claudel. Il en existe une version en plâtre et deux épreuves en bronze.

Exposé en 1899 au Salon de peinture et de sculpture des Beaux-Arts, le plâtre est aujourd’hui au Musée Rodin.

La deuxième version fait suite à une commande de l’Etat français en 1895, mais si l’œuvre est bien terminée par l’artiste, elle ne fut jamais livrée au Dépôt des marbres.

Elle est, en revanche, fondue deux fois en bronze:
– en 1902 par Thiébaut Frères, pour le compte d’un particulier, le capitaine Tissier. Elle est exposé au Musée d’Orsay.
– e n 1913, par Carvilhani. Visible au Musée Rodin

Cette sculpture compte trois personnage : une femme agenouillée (la Jeunesse) qui implore un homme d’Age mûr retenu par la Parque Clotho (la Vieillesse).

Allégorie de temps qui passe, inévitable destinée vers la vieillesse et la mort, l’Age mûr est certainement l’oeuvre la plus autobiographique de Camille Claudel.

Conçu à l’époque de sa séparation d’avec Auguste Rodin, qui refuse de l’épouser pour retourner vers sa compagne Rose Buret, on y voit un homme d’âge mûr (Rodin), entraîné par la vieillesse (Clotho-Rose Buret) tandis que la jeunesse (Camille) tente désespérément de le retenir.

Dans la première version en plâtre, la sculpture était en une pièce, la Vieillesse et la Jeunesse n’étaient pas complètement séparées. La Jeunesse et la vie retient encore l’homme fermement par la main.

Dans la version finale, l’Âge Mûr est en deux pièces. La Jeunesse – Camille-, qu’elle nomme « L’Implorante » – seule sur une plaque, se penche vers l’homme d’Age mûr -Rodin-, le suppliant à genoux. Sur une autre plaque, la Vieillesse (Rose) et l’Age mûr. Ce dernier tend encore une main, inutile, vers la Jeunesse mais n’a plus de contact physique avec elle, entrainé par la destinée du temps qui passe…

Paul Claudel en parlait ainsi :

L’Age mûr ! Cette forme capitalisée du destin ! (…) Et la femme cependant, la jeune fille plutôt, cette âme nue, cette jeune fille à genoux (…) ma soeur Camille. Importante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, c’est ainsi qu’elle s’est représentée. Implorante, humiliée, à genoux et nue ! Tout est fini ! Et même sous vos yeux, c’est son âme ! C’est tout à la fois l’âme, le génie, la raison, la beauté, le vie, le nom lui-même.

 

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