Eloge de la pensée

Nous sommes dans les années 20-30-40, l’Amérique est en passe de devenir le première puissance industrielle mondiale.

La cohue des grandes villes se dispute le triomphe du consumérisme, le marketing commercial et la culture de masse se côtoient dans un brouhaha assourdissant. Tout bouillonne, tout s’accélère.

Et Edward Hopper peint.

Il peint des villes et des quais de gare quasi déserts, des espaces clos ou ouverts, des individus qui se côtoient sans se regarder, absorbés dans leur pensée.

Il peint l’attente, le silence, la réflexion…

Habillement, Hopper amène notre regard vers ce qui a résisté à son dépouillement : une machine à écrire, une lettre, un journal, un livre et un rayon de lumière.
Des rideaux, un store font un lien discret entre ces deux mondes : l’extérieur trépidant, bruyant, exposé et un intérieur préservé, épuré, source d’introspection.

Et surtout, ses personnages lisent. S’extraire de la réalité absorbante par l’intimité des mots ! 

Personne ne déploiera jamais les facultés de son intelligence s’il n’intercale, pour le moins, quelques moments de solitude dans sa vie. Thomas de Quincey

La solitude, le temps, la pensée… c’est toute la malice d’Edward Hopper dans ses toiles, ce vide qui devient créateur et nourricier.

À l’agitation fébrile, la force de la lenteur et de la réflexion en réponse.

 

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