Jean Dubuffet : “L’art parle à l’esprit et non aux yeux”

Jean Dubuffet : “L’art parle à l’esprit et non aux yeux”

Figure unique dans le paysage de l’art moderne, Jean Dubuffet (1901-1985) explore le monde de l’art à l’encontre des mouvements et des principes qui l’encadrent d’ordinaire.
Rejetant avec force les concepts de beauté et de laideur, qu’on les adore ou les déteste, ses œuvres ont influé de manière significative sur l’émergence du Pop Art et du néo-dadaïsme.

Jean Dubuffet 1901-1985

Iconoclaste tout à la fois peintre et sculpteur, dessinateur, lithographe, écrivain, architecte, homme de théâtre et musicien, il rêve de recommencer la peinture à zéro, dans un climat de fête et d’innocence, comme si ils n’existaient ni musées, ni critiques, ni commerce d’art. Pourfendeur des institutions, refusant tout ordre établi, l’auteur de l’ “asphyxiante culture” dans lequel il dénonce la “dominance de l’ordre social dans l’espace culturel” crée un langage créatif universel, un art spontané qui ne nécessite ni don ni instruction, un art qui procède de la jubilation et non de l’initiation.

“L’homme de culture est aussi éloigné de l’artiste que l’historien l’est de l’homme d’action”

écrit-il dans Asphyxiante culture (1968).

“Je suis un peintre du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanches”.

C’est à l’âge de 41 ans que Jean Dubuffet se décide à se consacrer définitivement à la création artistique après une première carrière dans l’entreprise familiale de négociants en vins.

Sa production se divise en 2 grandes périodes.

– Ses premiers travaux (1942-1962) témoignent de l’intérêt que l’artiste porte aux dessins d’enfants, au graffiti, hors de tout repère esthétique et de représentation du réel.

Jean Dubuffet - Matière et mémoire - 1944

Au cours d’un voyage à Heidelberg, il découvre des ouvrages réalisés par des malades mentaux, dessins spontanés et sincères, ce qui l’intéresse vivement.

(suite)

 

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