18e, aux sources du design

Le 18e siècles, aux sources du design

Au premier abord, cela semble incongru d’associer Design et mobilier du XVIIIe siècle et c’était bien le défi de cette exposition !

Un objet ne  doit  pas être mou ou flou,  il  doit  être incontournable et son existence se doit d’être si forte qu’il  concentre en lui toute l’énergie créatrice.

écrit, dans ses Mémoires, le collectionneur Michel David-Weill.

 

Les scénographes de cette exposition, Jean Nouvel et Patrick Hourcade, l’ont bien compris. Dans une ambiance contemporaine et épurée, sortie de leur contexte habituel, chaque pièce, placée à hauteur d’homme, était présentée sur un piédestal et socle tournant : le meuble devient œuvre d’art.

Les techniques d’analyse les plus avancées, allant de la loupe à l’imagerie numérique, des visuels et modélisations aux films d’investigations, mettaient en évidence la force créatrice de ces chefs-d’oeuvre du passé, la fabuleuse inventivité et le savoir-faire de ces artisans d’art du siècle des lumières, génies créateurs qui influencent encore et toujours ceux d’aujourd’hui.

Une centaine d’œuvres étaient ainsi présentées, sous les grands noms de la création d’alors : André-Charles Boulle, Antoine-Robert Gaudreaus, Charles Cressent, Bernard II Van Risen Burgh, Jean-François Œben, Jean-Henri Riesener et George Jacob. Provenant des collections du château de Versailles, du musée du Louvre, du musée des Arts Décoratifs, du château de Fontainebleau, mais également du Getty Museum et de collectionneurs privés, certaines pièces étaient révélées pour la première fois au public.

En avant-scène, un extraordinaire Cabinet en marqueterie d’ébène (1675), partiellement polychromé, marqueté de pierres dure, bronze doré, verre peint et de verre teinté dans la masse. Le cabinet, par son décor, est le point de départ de nouvelles recherches en matière de mobilier, c’est avec lui qu’apparaît le mobilier d’ébénisterie.

La Commode de la chambre de Louis XIV    à Trianon et le Bureau plat à six pieds  nous révèle toute la dextérité d’André Charles Boulle, ébéniste le plus renommé de son temps.

 

 (cliquez pour ouvrir en pleine page)

 

Le parcours continuait avec les grands meubles, Commode double à vantaux et tiroirs (1730), Bibliothèque basse (1744-1784) en placage de bois violet et ébène. Puis cette extraordinaire Armoire à médailles de Charles Cressent (vers 1750) refermant pas moins de soixante-huit tirettes, le Bureau du roi Louis XV (1760-1769)  à clé unique qui permet à celui-ci de débloquer touts les tiroirs et accéder aux casiers secrets, la Commode de Mademoiselle de Sens (vers 1760) ornée de quatre-vingts dix plaques en porcelaine de Sèvres et que dire de l’exceptionnelle richesse décorative du Serre-bijoux de Marie-Antoinette. Si la perfection est de ce monde, elle s’est invitée à Versailles pour cette exposition !

Métamorphose du mobilier, audace de matériaux et de couleurs n’ont jamais été autant présent qu’aux XVIIIes siècles.

Pour la première fois, le mobilier est pensé, les meubles sont créés avec une intention particulière, la forme doit répondre aux besoins de fonctionnalité et de confort, les pièces se dotent de mécanismes facilitant leurs transformations pour combiner plusieurs usages.

Il n’est donc pas anodin que le mot « design » apparaisse en 1712 : il fixe le début d’une histoire ininterrompue où le meuble révèle la société !

Regarder, comprendre, saisir la ligne, capter le dessin, apprécier la justification du décor… admirer, s’émerveiller devant le savoir-faire de ces maîtres, ouvriers, compagnons ébénistes, marqueteurs, ciseleurs, marbriers, bronziers, sculpteurs, serruriers, tapissiers et bien d’autres encore.

La perfection à la française !

 

Pour aller plus loin : 

De nombreuses ressources sur le site  : 

 

À l’occasion de cette exposition, mécénée par la Fondation Nexans, découvrez comment les étudiants de l’École Boulle à Paris réalisent la copie d’une petite table à écrire du musée Cognacq-Jay, les opérations de montage et de garniture d’un fauteuil à la Reine ainsi que la copie d’un fauteuil à la Reine.

Vidéos :

–  Réalisation d’une copie d’un fauteuil à la Reine

 Copie d’une petite table à écrire

 

Publications :

– Autour de l’exposition, à télécharger gratuitement : un livre parcours-jeu pour les 8-12 ans, mieux comprendre l’exposition et prolonger la visite.   

L’album de l’exposition, coédité par Faton et le château de Versailles : 18e, aux sources du design-Album

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