Pierre Bonnard, peintre du bonheur tout en couleur !

Alors dans ses petits carnets, il multiplie les croquis, décrit les changements météorologiques qu’il associe à des couleurs.

« A la date du 2 janvier 1927, on peut lire : Gris et froid, égalité des valeurs réunies par gris puissant sans blanc.  Le 7 février : vent du Nord froid soleil du matin vermillon dans les ombres orangées par un jour froid et beau temps violet dans les gris. »
 
Rentré dans son l’atelier, il punaise la toile directement sur le mur pour être 
 
« à la rencontre de la sensation et de la mémoire. Ajoutant : le dessin, c’est la forme ; la couleur, le raisonnement. » Il reconnaît deux modèles : celui qu’on a sous les yeux » et celui qu’on a dans la tête. »

Pierre Bonnard dans son atelier - 1946

Pierre Bonnard dans son atelier – 1946

 
Toujours, il donne la priorité au second, transposant sur la toile ses sensations en touches colorées avec

beaucoup de petits mensonges pour une grande vérité.

Ainsi dans les nombreux portraits de sa femme Marthe celle-ci a toujours  20 ans comme à l’époque de leur rencontre !
 
 
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Bonnard, « bonnardise » !

Alors Bonnard, peintre de la douceur tranquille et de la sérénité ?
 
Pas si sûr à l’observation en profondeur de ses tableaux, ici une femme aux traits anxieux, là un brin de mélancolie, silhouettes presque fantomatiques ailleurs.
Bonnard était à l’image de ses autoportraits, un être émouvant de gravité et d’angoisse jusqu’à ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles, même après les avoir achevées. Ce que, dans le milieu, on appelait « bonnarder » ou « bonnardiser » !
 
En 1943, un journaliste décrit ce comportement, devenu habituel, du peintre :
 
« Au musée de Grenoble puis au Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d’un gardien d’une salle à l’autre, de sortir d’une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d’un bout de pinceau, d' »améliorer » furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir… »
 
Et Bonnard « bonnardise » jusqu’à son dernier souffle. En 1946, il peint L’Amandier en fleurs sur un ciel azuré. Mais L’Amandier en fleurs - Pierre Bonnardl’artiste n’est pas satisfait. Trop fatigué, alité, il demande à son neveu Charles Terrasse de l’aider à changer une couleur. Et de poser, là, en bas à gauche, à la place du vert, des pointes de ce jaune qu’il aime tant. Voilà. Le tableau est fini. Bonnard s’éteint quelques jours plus tard, le 23 janvier 1947…
 
 
Pour aller plus loin :
 

Visite guidée de l’expo Bonnard avec le peintre Jacques Truphémus
Découvrez également le site du Musée Bonnard, Le Cannet -Côte d’Azur-
 

Notre sélection d'ouvrages :

    • « Bonnard – Les chefs-d’œuvre ». Un bel ouvrage édité chez Hazan écrit par Guy Cogeval. Commentaires passionnants de 48 œuvres majeures du peintre. Disponible sur www.boutiquesdemusees.fr
    • « Pierre Bonnard- Les jardins ». Ouvrage original consacré au thème favoris du peinture, les jardins. Auteur : Isabelle Cahn chez les Editions des Falaises. Egalement disponible sur : www.boutiquesdemusees.fr
    • Vous souhaitez faire « comme Bonnard » ? Ce cahier de coloriage est faite pour vous ! « Cahier de coloriages Pierre Bonnard ». Auteur(s)Marina Vandel, Frédérique Cassegrain. Editeur Chêne, paru en 2015
 
 

Voir également notre article :  

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